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Jeanne Massa : “Les outils de communication interne et les KPI sont la clé”

Dans le cadre de notre série d’entretiens avec des chefs d’entreprises et directeurs financiers autour des sujets de la croissance et sa structuration, nous avons interviewé cette semaine Jeanne Massa, CEO chez Habiteo.

Présentation d’Habiteo

Lancée en juin 2014, Habiteo fait partie des start-ups françaises pionnières dans la Proptech. Elle développe des solutions « accélératrices de vente » pour les acteurs de l’immobilier neuf. S’appuyant sur les dernières technologies 3D et web, une plateforme de solutions marketing digitales et interactives, multicanales et multi supports a été créé. Ces solutions s’inscrivent dans une volonté de rendre collaboratifs des métiers qui ne le sont pas et de proposer une experience utilisateur innovante via des visites virtuelles immersives sur des biens qui ne sont pas encore construits (modélisations 3D, visites virtuelles réalistes, prix, disponibilités…). Habiteo s’impose comme un acteur incontournable dans l’immobilier du neuf avec plus de 250 clients de la promotion immobilière en France dont des grands noms comme Bouygues Immobilier, Kauffman & Broad, Allianz Real Estate, 3F Immobilier…

Avec plus de 300 clients promoteurs, Habiteo a été reconnue par le Pass FrenchTech qui récompense 87 entreprises en hyper croissance en France. La société double son CA tous les ans.

Présentation de Jeanne Massa

Je suis une spécialiste de la relation client, diplômée de Science Politique en 1991. En tant que CMO/CDO chez Pizza Hut, j’ai lancé le premier site e-commerce de livraison de pizza de la marque. En 2011, j’ai décidé de rejoindre LaFourchette.com en tant que COO et membre du CODIR. Je dirigeais un bureau de 100 personnes à Barcelone, où j’ai structuré les opérations qui ont permis à la société de passer de 5 à 15 millions d’euros de CA.

C’est en 2014 que j’ai lancé Habiteo, en compagnie de Jean-Claude Szaleniec, ex DG de Bouwfounds Marignan et fondateur des Espaces Immobiliers de BNP Paribas ainsi que Denis Fayolle, fondateur de LaFourchette, ManoMano et Adrenaline Hunter. Julien Frelat, primé plusieurs fois par Microsoft nous a rejoint comme CTO.

Comprendre la croissance

Notre croissance est principalement due au fait que nous répondons à des besoins clairs: Pour les promoteurs, nous proposons des outils d’aide à la vente qui réduisent les délais de commercialisation et les frais de marketing, tout en ayant un contenu interactif et digital qui fiabilise les ventes. Pour les acquéreurs, c’est la possibilité de visiter des biens qui ne sont pas encore construits.

L’enjeu au niveau organisation

Nos objectifs au niveau de l’organisation sont de continuer à doubler notre CA tous les ans et ayant nos premiers clients internationaux, l’enjeux de 2018 est l’ouverture d’une première filiale en Espagne.

Par rapport à cette croissance, est-ce qu’il y a des challenges qui sont apparus au niveau des équipes ?

Bien sûr, il faut structurer l’équipe, les RH, recruter des postes clés comme la Direction Marketing, mettre en place des outils de communication interne et que tout le monde est le même niveau d’information sur les objectifs et la vision à moyen terme de l’évolution d’Habiteo. Il faut également structurer les KPI’s ainsi que donner à chacun les outils de pilotage pour leurs activités.

Quels rôles ont joué les services administratifs et financiers ?

Un rôle essentiel, nous avons intégré un CFO au début de l’année 2017, Sébastien Deletang, qui a conduit les communications entre les départements Sales, Opérations et Finance ce qui a fiabilisé les chiffres existants. De plus, Sébastien a aussi construit les rapports d’activités de chaque business unit.  

Avez-vous des indicateurs (KPI) particuliers ? Ont-ils été utiles et ont-ils évolués ?

Nos KPI’S sont des KPI’S classiques mais il a fallu fiabiliser et systématiser leur production ainsi que concilier les différentes origine.

Avez-vous utilisé des nouveaux logiciels ?

Oui nous nous sommes équipés, au niveau Sales avec Salesforce, au niveau de la production avec Jira au niveau RH avec Lucca, et au niveau collaboratif avec Slack.

Quelles innovations (technologiques ou d’usage) pourraient transformer votre activité dans les prochaines années ?

Des outils toujours plus collaboratifs qui regroupent l’ensemble de nos besoins au sein d’une même interface.

 


Entretien tout d’abord publié dans notre newsletter « Business Automation » :

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Le nouvel acronyme que vous devez connaître : RPA (Robotic Process Automation)

La robotique commence à transformer le business. Dans cette interview, Xavier Lhuer, associé principal chez McKinsey’s Londres, échange avec Leslie Willcocks, professeur de technologie, travail et mondialisation à la London School of Economics, à propos de ses travaux sur la RPA et ses effets sur le travail et comment les entreprises peuvent en tirer profit stratégiquement et financièrement.

 

McKinsey : Pouvez-vous commencer par définir la RPA (Robotic Process Automation) ?

 

Leslie Willcoks : La RPA retire les tâches systématiques des processus pour concentrer vos ressources sur les exceptions, là où l’humain est encore indispensable. Tous les travailleurs impliqués dans des process de back-office doivent réaliser de nombreuses tâches répétitives et ennuyeuses. La RPA est semblable à un logiciel répliquant l’activité humaine et prenant en charge certaines étapes d’un process. Il peut effectuer ces actions plus rapidement et plus précisément que l’homme, et 24/24. Son utilisation permet donc aux salariés de se libérer du temps et de se concentrer sur les missions à vraie valeur ajoutée.

Les logiciels sont très légers dans le sens où ils ne nécessitent pas beaucoup de développement pour être opérationnels. Les employés opérationnels peuvent apprendre très rapidement comment configurer et utiliser le robot. Il est aussi léger car il utilise uniquement le système d’information. Il n’interagit pas avec les systèmes sous-jacents comme les systèmes logiques.

 

McKinsey : Dans quelles mesures la RPA diffère t-elle de l’intelligence cognitive ?

 

Leslie Willcocks : La RPA traite des tâches plus simples. Elle prend en charge principalement les actions qui ne nécessitent pas de connaissance, de compréhension ou de perception particulière. Ce sont les actions qui peuvent être réalisées en instaurant des règles simples que l’ordinateur pourra suivre. Avec l’intelligence cognitive, vous empiétez sur la base de connaissance d’un être humain et sur d’autres attributs propres à l’homme au-delà de la simple habilité de faire. L’automatisation cognitive peut traiter de langage, raisonnement et jugement grâce à la contextualisation. Elle peut établir la signification des choses et donner une perception spécifique. Il y a donc une grande différence entre les deux.

 

De plus, alors que la RPA est une technologie avancée, ce n’est pas le cas pour l’automatisation cognitive. Je n’ai pas vu une vague de puissants outils d’automatisation cognitive apparaître sur le marché et très peu d’entreprises l’utilisent.

McKinsey : Quels sont les bénéfices liés à l’utilisation de la RPA ?

 

Leslie Willcocks : Le principal bénéfice que nous avons trouvé parmi les 16 études que nous avons menées est un retour sur investissement qui varie entre 30 et 200 pourcent la première année. Mais ce serait faux de regarder seulement les gains financiers à court terme, en particulier s’ils sont dus à une économie de temps de travail. Cette approche ne rend pas compte de la puissance du logiciel tant les bénéfices sont nombreux.

 

Par exemple, les entreprises évoluant dans des industries très régulées comme la banque ou l’assurance démontrent que l’automatisation est un moyen moins couteux et plus rapide pour résoudre les problèmes de conformité. Vous améliorez aussi votre service client car vous avez plus de contrôle sur le process. Une entreprise qui reçoit beaucoup de demande client, par exemple, peut permettre à ses équipes de se concentrer uniquement sur les plus complexes.

 

Il y a aussi des avantages pour les employés. Dans tous les cas que nous avons étudiés, les employés remercient la technologie car ils détestaient les tâches que l’ordinateur prend désormais en charge. Cela les délivre de la pression de ce travail. Toutes les organisations que nous avons étudiées rapportent que le robot intervient sur d’importantes charges de travail. Je pense qu’il y aura une création exponentielle de travail pour s’aligner avec la croissance exponentielle des données (50 % en plus chaque année). Il y a aussi une importante augmentation de la bureaucratie.  Nous avons besoin de l’automatisation simplement pour soulager le stress engrangé dans les entreprises. Un site de e-commerce a mesuré le succès de la RPA selon le nombre d’heures qui ont pu être réattribuées au business. Ainsi, ce ne sont pas juste les actionnaires, les managers seniors et les clients qui pourront en bénéficier, mais aussi les employés.

McKinsey : Quelles sont les considérations les plus importantes pour ceux qui souhaitent adopter la RPA ?

 

Leslie Willcocks : La considération la plus importante est la stratégie. Vous pouvez utiliser l’automatisation intelligemment pour diminuer vos coûts. Mais si vous utilisez la RPA comme un outil stratégique considérable, vous en tirerez beaucoup plus de profit. La deuxième considération concerne le lancement. Vous devez avoir tous les managers impliqués et un chef de projet très compétent pour mettre en place les bons process. Le projet doit être stable, mature, optimisé, normé, répétable et utilisé avec des grands volumes. Commencez avec un test contrôlé sur un goulot d’étranglement ou une partie du process douloureuse.

 

La troisième considération c’est d’adapter le management en intégrant l’automatisation. C’est la clé du lancement. La quatrième est de bâtir une entreprise capable d’utiliser la RPA sur le long terme. En utilisant le plus possible la RPA, vous construirez avec le temps des centres d’excellence qui seront la source de techniques et process nouveaux pour votre développement. Ces centres sont à l’origine d’employés qui vont configurer des robots, les installer et les développer. De contrôleurs qui les allument et éteignent, prévoient leurs travaux et leurs relations avec l’Humain. Il y a une innovation continue en relation avec le service informatique, gouvernance et sécurité. Les organisations qui s’engagent dans la RPA doivent penser immédiatement à construire un centre d’excellence.

 

McKinsey : Comment une entreprise choisit d’implémenter une solution RPA ou bien une solution informatique ? Et comment ces départements interagissent ?

 

Leslie Willcocks : Quand une organisation considère une phase de test pour la RPA, elle regarde le cas client et le compare à une solution informatique. C’est souvent à l’avantage de la RPA. Dans une organisation que nous avons étudiée, le ROI dû à la RPA fut de 200 % la première année et la solution a été implémenté en 3 mois. La solution informatique avait le même ROI mais avec un délai de remboursement de 3 ans, et une installation qui durât 9 mois.

 

De plus, beaucoup de managers opérationnels trouvent que l’implémentation d’une solution informatique est trop chronophage. Ils préfèrent quelque chose de plus léger et adaptable. Alors, une solution RPA utile, peu chère et qui ne requiert pas de capacités spéciales en informatique pour l’installer, c’est une promenade de santé pour le business.  Les services informatiques s’inquiètent car ils connaissent le caractère disruptif de la RPA. Néanmoins il faut s’assurer de les convaincre dès le début du process.

 

McKinsey : Quel sera pour vous l’effet le plus visible de la RPA sur le long terme ?

 

Leslie Willcocks : À plus long terme, la RPA signifie que les gens auront un travail plus intéressant. Depuis 130 ans nous créons des postes non qualifiés, répétitifs et ennuyants. Ce ne sont pas tous les emplois qui vont disparaître, mais seulement les moins intéressants pour l’homme. Ce sera disruptif, mais les entreprises devraient pouvoir absorber ce changement.   La relation entre la technologie et les hommes doit changer dans le futur pour le meilleur, et je pense que la RPA est un des principaux outils acteurs de ce changement.


Kilian Bazin : “Les méthodes agiles ne sont plus seulement l’affaire des développeurs”

Dans le cadre de notre série d’entretiens avec des chefs d’entreprises et directeurs financiers autour des sujets de la croissance et sa structuration, nous interviewons cette semaine Kilian Bazin, CEO de Toucan Toco.

Pouvez-vous nous présenter Toucan Toco 

Toucan Toco a été créé en mars 2014 par Charles Miglietti, Baptiste Jourdan, David Nowinsky et moi-même, Kilian Bazin. Nous constations que seuls les experts analystes accèdent facilement aux données de performance en entreprise. Notre but dès lors : démocratiser l’accès à l’information pour les néophytes et leur rendre le pouvoir de décision, via une discipline nouvelle : le Data Storytelling.

De 4 associés à 35 collaborateurs en 3 ans, nous avons obtenu la confiance de plus de 80 clients grands comptes, pour 150 projets, parmi lesquels EDF, Total, Ubisoft, Renault, JCDecaux, Marques Avenue ou BPCE.

Les Small Apps de Toucan sont mobiles, simples à utiliser, faciles à mettre en place, intégrées dans les SI existants et au service de l’excellence opérationnelle des métiers RH, Marketing, Financière, Commerciaux et Directions Générales.

 

Notre parcours

Charles a pour objectif de mettre la technologie au service des utilisateurs afin de rendre la donnée accessible au plus grand nombre. Technologue averti, il a commencé sa carrière comme développeur full-stack, chez Apple, Withings avant de créer tldr et Toucan Toco.

Baptiste est un entrepreneur avec plusieurs créations à son actif. En 2014, il co-fonde Toucan Toco et prend en charge son développement en tant que directeur associé. Parallèlement, Baptiste est co-fondateur de plusieurs clubs d’affaire tels que le DFC One et le Go Between Club.

David est le créateur des meetups D3.js et co-organisateur des conférences Best of Web. Il aime partager les savoirs techniques et rassembler des communautés. Il peaufine ses talents techniques et agiles auprès de plusieurs startups et grands groupes pour devenir le premier associé de Toucan Toco 2 ans plus tard.

Pour ma part, j’ai 7 ans d’expérience dans le monde du numérique. J’ai débuté dans un fonds de capital-risque puis dans une agence web-marketing avant de créer Toucan Toco. Aujourd’hui, j’allie ma culture scientifique avec ma passion pour le design d’expérience.

 

Comprendre notre croissance

> Qu’est-ce qui a amené cette croissance ?

Notre croissance est en partie dûe à notre positionnement et au produit que nous avons été capable d’amener sur le marché de la Business Intelligence. La complexité de gestion des entreprises du CAC 40 notamment, provoque un besoin d’outils de BI. Les informations disponibles sont gigantesques et les décisionnaires ont aujourd’hui besoin d’analyser rapidement les données stratégiques mais aussi opérationnelles de l’entreprise pour des prises de décision plus faciles. Nous n’adressons pas des data scientists et analystes de marché comme peuvent le faire nos concurrents. Un décisionnaire n’est pas formé à utiliser ce type de solution pour trouver l’information qui l’intéresse. Nous scénarisons donc ces données dans nos applications pour en faciliter l’accès grâce au Data storytelling.

 

L’enjeu au niveau organisationnel

> Par rapport à cette croissance, est-ce qu’il y a des challenges qui sont apparus au niveau des équipes ?

Le recrutement est un vrai challenge pour nous. Nous avons 15 postes ouverts sur nos différents départements (marketing, business development, développement ou client success). C’est un obstacle que nous rencontrons aujourd’hui et qui freine notre croissance. Notre croissance et notre performance sont aussi liées au bien-être de nos employés. Un employé heureux est bien plus créatif et productif. La culture d’entreprise chez Toucan Toco est d’autant plus forte.

 

L’enjeu au niveau pilotage

> Avez-vous des indicateurs particuliers ?

Il est évident que notre forte croissance depuis 3 ans nous oblige à suivre un certain nombre d’indicateurs. Pour schématiser, nos sources de revenus sont doubles ; un coût de setup de notre solution ainsi qu’un Annual Recurring Revenue (ARR) qui fonctionne sur un modèle de licensing.

La multiplication de nos projets et de nos clients nous oblige également à être vigilant sur le suivi de notre facturation. La trésorerie est un vrai enjeu pour toute jeune entreprise, dans un pays où les retards de paiements sont fréquents.

 

L’enjeu au niveau outils

> Avez-vous utilisé de nouvelles méthodes ?

Chez Toucan Toco, nous appliquons les méthodes agiles à l’ensemble de nos équipes. Ces méthodes ne sont plus seulement l’affaire des développeurs. Nous découpons l’ensemble de nos projets et de nos tâches en tickets grâce à l’outil Trello. L’équipe marketing a également mis en place des sprints hebdomadaires. Ces méthodes de travail permettent à tous de travailler plus sereinement tout en ayant une meilleure vision de ce que nous sommes capables de produire, et en combien de temps.

 

Quelle est votre vision pour votre activité dans les prochaines années ?

Pour ne rien vous cacher, nos ambitions sont fortes. Dès 2018, nous voulons être leader sur le secteur de la Data visualisation et du Data storytelling en France. Pour y arriver nous avons mis en place une stratégie autour de trois axes principaux :

1/ Développer nos partenariats avec les cabinets de conseil et intégrateurs et les renforcer

2/ Développer la vente avec les accords groupes pour déployer nos solutions mondialement dans des groupes chez Nissan, Renault ou LVMH

3/ Se déployer à l’international en commençant par les pays les plus proches, en Europe

 


Entretien tout d’abord publié dans notre newsletter « Business Automation » :

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