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Les retards de paiement liés au covid

3 Fév, 2021 | Entreprise

Les délais de paiement entre entreprises en France ont toujours affiché une structure bénéficiant à la trésorerie des grandes entreprises et au secteur public au détriment des petites entreprises. La crise du Covid-19 amplifie le phénomène, aussi bien en augmentant le délai de paiement, qu’en diffusant la pratique aux petites entreprises.

​ A- La détérioration de la trésorerie des PME

La crise sanitaire du Covid-19 que nous vivions est une situation inédite à bien des égards. Le premier réflexe des entreprises face à cette crise a été de retarder le paiement de leurs factures à leurs fournisseurs afin d’améliorer leur trésorerie.

​ 1-Hausse des retards de paiement

Baromètre Arc IFOP 2020

Quelque soit le baromètre utilisé, les PME apparaissent comme les grandes perdantes en matière de délai de paiement suite à la crise sanitaire du Covid-19. Le baromètre Arc/IFOP annonce un retard de paiement qui passe de 10,9 jours en octobre 2019 à 18,6 jours en octobre 2020 pour les PME.

Face à cette situation, la structure des retards de paiement, qui n’était déjà pas favorable aux PME aggrave leur situation. D’autant plus que les petites entreprises n’ont pas la surface financière pour amortir ce type de phénomène.

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​ 2-Les causes de cette détérioration des retards de paiement

A l’origine de cet allongement du délai de paiement, on trouve parmi les justifications les plus couramment citées par les sociétés concernées :
• la détérioration des liquidités du client pour 32 % des sociétés : l’entreprise solutionne son problème de trésorerie en le déportant sur ses fournisseurs ;
• le blocage délibéré des factures pour 24 % des sociétés, de manière à se constituer préventivement un matelas de trésorerie plus important ;
• un processus de validation des factures trop long est évoqué par 22% des sociétés.

Effet induit ou précaution d’usage, on a observé durant la période du premier confinement une suspension des couvertures crédit et un désengagement des assureurs-crédit. Or l’assurance-crédit est le moyen le plus répandu par les sociétés pour financer à court terme un besoin de trésorerie.

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​ 3-La hausse des incidents de paiements

Parallèlement à l’allongement du délai de paiement, on remarque à partir de la fin mars 2020, une multiplication des incidents de paiement inter-entreprises. Ceux-ci ont connu une hausse, sans commune mesure avec l’activité économique habituelle des années précédentes. Alors que les incidents de paiement hebdomadaires se situaient sous le seuil des 100 millions d’euros depuis plusieurs années, à partir de la semaine 13 de 2020 (23 au 29 mars 2020), le niveau des incidents de paiement fait plus que doubler pour atteindre les 270 millions d’euros hebdomadaires. Plus que l’allongement du retard de paiement, l’incident de paiement est un réel révélateur de la santé de la trésorerie des entreprises.

Incident de paiements 2020

Dans le même temps, le nombre des sollicitations du médiateur des entreprises passe d’un seuil inférieur à 100 dossiers hebdomadaires, à plus de 500 dossiers (semaine 12-2020), et atteint très vite un niveau de 700 sollicitations ou demandes de médiation par semaine.

Médiation des entreprises

Ces deux phénomènes sont l’expression de réelles difficultés de trésorerie de la part des entreprises, difficultés, que l’affacturage n’a pas pu résoudre et dénote des situations dans lesquelles on se dirige vers le recouvrement.

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​ 4-La généralisation des retards de paiement

La hausse des délais de paiement entraînant des retards de paiement (nombre de jours de retard au-delà du délai légal) est significative sans être alarmante. La crise sanitaire du Covid-19 a amené une hausse modérée de cet indicateur alors que celui-ci plafonnait au même niveau depuis plusieurs années.
En revanche, beaucoup plus d’entreprises allongent leurs délais de paiement depuis la crise sanitaire du Covid-19. Ce phénomène est visible surtout au cours du premier confinement. Les entreprises avaient recours à l’impayé pour 38 % d’entre elles au maximum de la crise sanitaire du Covid-19 (contre un indicateur habituellement situé aux alentours de 20 % en temps normal).
On peut considérer que cette situation a été passagère car en décembre 2020 ce seuil enregistrait des niveaux sensiblement identiques au seuil d’avant Covid-19.

Retard de paiement

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​ B- Les moyens pour enrayer les retards de paiement

Les retards de paiement connaissent depuis quelques années (hors période de Covid-19) un plafonnement de leur réduction aux alentours de 10 jours de retard.

En analysant la structure de ces retards, on constate que ce sont les PME qui font les grandes perdantes de cette situation. A fin 2019, si ces retards de paiement n’existaient pas, les PME récupéreraient 19 milliards d’euros et les ETI 7 milliards. Les principaux bénéficiaires des retards de paiement sont les grands groupes et le secteur public. Cette asymétrie dans la structure des paiements est probablement dû au fait que les PME font moins appel à l’affacturage et aux sociétés de recouvrement pour récupérer leurs créances en retard. Il y aurait certainement des gains à réaliser en externalisant la gestion du poste client par des sociétés spécialisées dans l’affacturage et le recouvrement de créances.

A tel point que beaucoup de PME évitent ou hésitent à soumissionner aux appels d’offres publics à cause de ces délais de paiement extrêmement longs. Un problème qui est suffisamment important pour que 55 % des entreprises refusent de répondre à des appels d’offre publics à cause des délais de paiement du secteur public. Une amélioration des délais de paiement du secteur public rendrait les PME moins frileuses. Surtout à un moment où le Ministre de l’économie envisage une relance économique basée sur d’importantes commandes publiques.

Nos solutions pour aider les PME face à la crise du covid-19

​ 1-Le recours au recouvrement de créances

Déjà première source de financement à court terme, l’affacturage est plébiscité comme solution de crédit court-terme. Il permet le recouvrement de créances par les sociétés ayant un besoin de trésorerie en mobilisant les créances client plutôt que de faire appel au crédit.

L’affacturage permet d’améliorer la trésorerie de l’entreprise par :
1. le financement alternatif en cas de besoin ;
2. l’externalisation de la gestion du poste client chez un professionnel ;
3. la couverture du risque d’impayé ;
4. la prise en charge du recouvrement si besoin.

​ 2-Les dispositifs mis en place par l’État

L’État a lancé « Cap Relais », un dispositif destiné à permettre aux assureurs crédit de se réassurer auprès de l’État à hauteur de 75 % de l’encours crédit. Ce dispositif couvre les créances des PME et les ETI. Cela permet à l’assureur crédit d’accepter des encours de crédit provenant d’entreprises qu’il aurait refusé. Coté entreprises, le système permet de faire appel à des solutions d’assurance crédit pour fluidifier la trésorerie en cas de besoin en fonds de roulement.

Par ailleurs le PGE (Prêt Garanti par l’État) permet aux entreprises concernées par le dispositif d’obtenir un prêt à des conditions plus intéressantes du fait de la garantie de l’État. Ce dernier dispositif est cependant un dispositif temporaire à manier avec précaution car il aggrave la situation d’endettement de l’entreprise.

​ 3-Le recours au crédit

Les faibles taux d’intérêt et le PGE permettent aux entreprises de financer leur trésorerie par le recours à l’emprunt afin de faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire.

La pertinence du mécanisme pourra être évaluée dès le 1er semestre 2021, avec un premier bilan qui va apparaître lors des premiers remboursements du PGE.

​ 4-La hausse des sanctions de la DGCCRF

Les retards de paiement au-delà du délai légal ou contractuel peuvent entraîner des sanctions de la part de la DGCCRF. Il s’agit d’un moyen qui est à l’initiative de l’État afin d’inciter les entreprises réfractaires à plus de discipline dans leur fonctionnement à l’égard des PME.

Depuis la crise du Covid-19, les recours délibérés ou non au retard de paiement font l’objet de sanctions, mais la récidive de certaines grandes entreprises fait penser que même la politique de sanction n’est pas toujours efficace.

​ 5-La création d’une notation des entreprises

Beaucoup d’acteurs du secteur militent pour la création d’une notation des délais de paiement des entreprises. Comme il en existe pour évaluer la solidité financière des entreprises avec les notations de crédit. L’instauration d’un tel système aurait pour effet de rendre public la façon dont l’entreprise se comporte vis à vis de ses créanciers. Cette idée d’une note sur le délai de paiement est plébiscitée par les entreprises interrogées qui veulent dépasser la politique du « Name and shame », jugée insuffisamment efficace.

Cette mesure proposée dans le cadre du baromètre Arc-IFOP 2020, destinée à apporter plus de transparence, a été jugée favorablement par le ministre de l’économie.

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