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Face à la digitalisation, le métier d’avocat va-t-il disparaître ?

4 Mar, 2021 | Entreprise

Depuis le début des années 2000, le législateur est venu modifier le fonctionnement des métiers de la justice, notamment celui d’avocat, en introduisant la digitalisation au sein des tribunaux civils et de commerce français. Pour ce métier aux pratiques très traditionnelles, la digitalisation agit comme une sorte de révolution, comme il y a quelques années le fût le processus qui a permis l’éclosion des Fintech.

 

A-Les apports de la digitalisation

 

La digitalisation et la dématérialisation de la procédure amène une réduction des délais de la procédure judiciaire et une possibilité d’automatisation de certains processus par le biais de l’outil informatique. Là où auparavant avocat et justiciable étaient soumis à des procédures manuelles et des échanges par courriers postaux, la dématérialisation de la procédure amène une plus grande fluidité dans le déroulement de la procédure civile comme commerciale. Les processus et les technologies utilisés ont beaucoup à voir avec ceux qui ont permis l’émergence de la Fintech il y a quelques années.

 

1) Une dématérialisation de la procédure et son automatisation

La procédure civile s’est ouverte à la dématérialisation et le justiciable peut consulter, agir et interagir dans la procédure, en saisissant une juridiction par voie électronique.  Par ailleurs l’avocat peut suivre la procédure civile et interagir avec l’administration judiciaire par voie électronique.

Ces deux évolutions rendent l’adoption du numérique comme moyen de communication obligatoire  pour les avocats agissant dans les procédures civiles. Cette mutation entraîne des changements dans la façon de procéder, de communiquer (on passe d’une procédure tout papier à une procédure par échanges électroniques qui ouvre la porte à l’automatisation) et globalement révolutionne le métier d’avocat y compris dans le contact au client.

 

2) La sécurité des données

De manière symétrique à ce qui s’est passé pour la Fintech, au delà de la simple dématérialisation, se pose aussi pour l’avocat le problème de la conservation sous forme sécurisée des documents, des dossiers et des procédures dont il a la charge. Les informations qu’un avocat est amené à traiter relèvent le plus souvent du domaine confidentiel. Les échanges de l’avocat, les données de santé, les données bancaires ainsi que les échanges avec le client sont des données auxquelles s’applique le secret professionnel.

La dématérialisation et l’usage plus intensif des communications électroniques change la manière dont s’effectue la protection de ces données. Son passage au format numérique impose un stockage et un archivage qui soient sécurisés. Cela implique aussi que l’avocat puisse comprendre, se former et  s’approprier ces concepts qui s’appliqueront à ce qui constitue le cœur de son métier.

 

 

 

 

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3) De nouveaux outils digitaux 

Parallèlement à l’introduction de la dématérialisation des processus métiers, l’informatique s’introduit dans le cabinet d’avocat au travers de nouveaux outils.

Des outils collaboratifs de type SAAS (Software as a Service) permettent de construire un cabinet virtuel, accessible partout, sur tout type de support. Le partage de l’accès à ces outils avec le client permettra de créer un espace collaboratif, en évitant les nombreux échanges par courrier ou email.

Des outils qui tendent à apporter une dose d’automatisation dans la procédure judiciaire permettent de gagner du temps dans les transmissions d’information aux différentes parties d’un dossier, ainsi qu’entre collaborateurs travaillant sur un même dossier.

Enfin d’autre outils voient le jour, qui font appel à des technologies identiques à celles qui ont révolutionné la Fintech des années plus tôt, telles que la blockchain, le cloud ou le big data.  La blockchain trouve son utilité dans l’authentification des documents et la sécurisation de leur accès, alors que le big data et l’intelligence artificielle sont utilisés pour traiter un grand nombre de données juridiques, notamment dans les recherches de cas de jurisprudence.

Dernier élément de l’apport informatique, les procédures automatisées de recouvrement permettent un gain de temps et d’efficacité pour un processus – sauf si un dossier demande une précaution particulière – qui est en soi peu valorisant.

 

4) Une nécessité d’investir dans la technologie

Les apports en technologie demandent pour les cabinets un investissement financier mais aussi une motivation d’agir pour intégrer la technologie, les processus. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un problème d’investissement financier mais aussi une volonté humaine de faire siennes les nouvelles technologies apportées par la dématérialisation, les outils groupware, partagés ou collaboratifs.

Un investissement en capital humain que beaucoup n’ont pas, parce qu’ils n’en voient pas la nécessité, qu’ils n’en ont pas la volonté (cabinet ancré dans une démarche traditionnelle), ou pour certains parce qu’ils en seraient financièrement incapables.

Par ailleurs face au défi de la communication et des Legaltech il est nécessaire voire vital pour les cabinets d’avocat de se faire connaître sur internet. Proposer un site vitrine avec les prestations du cabinet est nettement insuffisant. Il faut que le cabinet et ses membres fassent parler d’eux, éclairent des dossiers complexes de leur point de vue avisé, fassent connaître leur maîtrise de telle spécialité  juridique et n’aient pas peur de donner leur avis de professionnel sur des dossiers juridiques d’actualité. Cette prise de parole doit se faire par le biais des nouveaux médias proposés par internet. Aujourd’hui, nombreux sont les avocats a proposer au sein d’un blog, sorte de point de vue personnel d’un insider, toujours intéressant, qui permet une autre lecture des décisions judiciaires d’actualité.

 

B – La transformation du métier d’avocat

 

Le métier d’avocat a sensiblement évolué ces dernières décennies à l’image de ce qui s’est passé pour les banques avec l’arrivée de la Fintech. Glissant petit à petit d’un métier très conservateur aux processus huilés où les hommes étaient les garants de la sécurité et de la fiabilité des procédures judiciaires, vers un métiers désormais gouverné par des procédures dématérialisées qui demandent aux avocats de se familiariser avec un nouveau jargon technique et de nouvelles procédures, reflets de la digitalisation du métier.

 

1) La déréglementation du métier d’avocat

Bien que la non concurrence de la profession d’avocat – profession réglementée – soit encore d’actualité, il parait évident que ce verrou de protection va sauter à un moment donné. La prospection dans le métier d’avocat était depuis 1971 interdite jusqu’au milieu des années 2000, où la directive européenne Bolkestein est venu élargir  et libéraliser la publicité des cabinets d’avocats.

Cet libéralisation de leur communication est encadrée par la loi Hamon de 2014 qui précise le cadre légal de l’exercice de la communication de la profession d’avocat. Une possibilité qui permet au métier d’avocat de pouvoir se faire connaître à un moment où émergent les Legaltech, qui le concurrencent directement sur certaines typologies d’actes juridiques.

 

2) L’émergence d’une Legaltech

Avec la déréglementation du métier d’avocat qui est en marche et parallèlement à la dématérialisation des procédures, des startups se sont construites sur le modèle de la Fintech et se sont développées sur certains créneaux spécialisés du droit. Ces startups, regroupées au sein de ce qu’on nomme la Legaltech sont présentes sur des niches où elles peuvent amener une une automatisation et une industrialisation du process juridique, en capitalisant sur les coûts techniques afin d’en abaisser le coût unitaire. Cela va être par exemple la production d’actes de créations de sociétés, de gestion de sociétés, dont les processus très structurés répondent parfaitement aux conditions d’industrialisation des Legaltech.

Aujourd’hui les Legaltech sont tenus de respecter le cadre légal et notamment au niveau de la concurrence des professions réglementées. Mais il paraît évident, que dans les années à venir, la législation va évoluer vers une ouverture à la  concurrence et une déréglementation des professions juridiques.

3) Une autre approche du client

L’approche nouvelle du client est probablement amenée par les Legaltech. Alors que le métier d’avocat était basé sur des processus traditionnels, fondés sur la procédure, avec une tarification horaire, les Legaltech bouleversent cet équilibre. Il y amènent une transparences des taris, une personnalisation de la relation client doublée d’une stratégie de disponibilité. Leur approche vis-à-vis du client s’accompagne d’une démarche pédagogie visant à vulgariser l’approche du droit et des prestations juridiques.

Toutes ces nouveautés dans la conception de la relation client sont par ailleurs complétées par une communication ouverte envers les prospects. A cela s’ajoute la nouvelle possibilité pour l’avocat de communiquer, qui met fin à l’interdiction de démarchage, vieille de 50 ans. La communication devient donc un nouvel axe de développement du cabinet d’avocat autour d’une mise en musique de la trilogie savoir, savoir-faire, faire savoir.

 

4) Une plus grande spécialisation

Les Legaltech sont nées, à l’image des Fintech, de la possibilité d’industrialiser des actes juridiques ou des prestations et de gagner par le nombre des prestations ce que l’on perd dans la valeur de la prestation unitaire.  Le corollaire de cette démarche est une grande spécialisation de chaque Legaltech, sur un créneau, un domaine ou une niche particulière et leur absence totale de vue transversale du domaine juridique.

Ainsi sont nées les Legaltech, des startups spécialisées dans les domaines de :

  • la création et la gestion d’entreprises
  • la rédaction d’actes et de documents juridiques
  • le financement d’actions groupées
  • l’information juridique
  • le droit de la consommation

Cette spécialisation des Legaltech en fait aussi leur faiblesse : capables de proposer une action rapide pour un moindre coût financier sur un dossier précis, leur action est par définition circonscrite aux actes précis qu’elle ont l’habitude de réaliser, à l’exclusion de tout autres.

A l’inverse, un cabinet d’avocat traditionnel sera capable d’avoir une vue stratégique du dossier et de proposer plusieurs axes de résolution avec une analyse poussée des différentes solutions proposées et de leurs conséquences. Là où une Legaltech proposera de délivrer un ou plusieurs actes, sans pour autant projeter le dossier du client dans une résolution complète de son problème si celui-ci est complexe.

 

5) Une nouvelle gouvernance

L’avancée de la digitalisation et la mise en place de la dématérialisation ont théoriquement amené de nouveaux modes de fonctionnement dans les cabinets d’avocat. Relativement récente l’informatisation des cabinets doit passer par une nouvelle gouvernance et ne doit pas être une nième couche normative qui se surajoute aux processus déjà en place.

Afin de tirer le meilleur parti de la digitalisation il faut absolument repenser les processus selon les nouveaux modes de fonctionnement, soit en adaptant les anciens processus, soit en refondant les anciens processus. Il est important que les mentalités changent et donnent lieu à une nouvelle gouvernance qui ne serait pas l’acceptation d’un mode de fonctionnement digital mais son appropriation par les intervenants du cabinet d’avocats de manière à construire une dynamique bénéfique pour le cabinet.

L’avocat du futur sera aussi un spécialiste de la communication externe et un expert des nouvelles technologies. Ces nouvelles compétences ne doivent pas se comprendre comme de nouvelles normes à adopter parce qu’imposées par la loi. Elles doivent au contraire être la source d’un renouveau du métier.

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